DEMAIN NE PEUT ATTENDRE ! Le livre qui délivre le Salon !

Retour sur la journée du 25 mars en direct du Salon du Livre en récit par Laurent Schuh, en images par Litana Soledad et en analyse et autres commentaires par Céline Huot.

Ici-jouit Le Livre en son Salon ! par Laurent Schuh
Après une matinée studieuse et sage comme une image passée en compagnie de Jean-Claude Carrière, Catherine Clément, Pascal Ory, Raphaël Glucksmann, Philippe Meirieu et quelques autres encore, ce samedi 25 mars dès 14h ECHOS HUGO, l’émission librement non autorisée du Salon-du-Livre-emprisonné, a entrepris son travail de libération des voix en commençant par celle de François Mocaer fondateur et généreux générateur des Editions Unicité, éditeur à ses risques et périls du Manifeste subversif de Victor Hugo que tout le monde se passe « sous le manteau » DEMAIN NE PEUT ATTENDRE ! et qui nous délivra cette première évidence : « Nous sommes tous ici hors sujet ! »
Fort de cette réponse qui nous posa question nous sommes parti à la recherche du sujet allant à la rencontre de Pascal Ory l’auteur de « Jouïr comme une sainte » et de Julien Lepers qui à la question pour un champion que nous lui avons livré nous répondit très sérieusement en Dada malgré lui que Victor Hugo était l’auteur de « Notre Dame » et de « Les minables » ce qui en disait long sur le joyeux regard cathodique porté envers Les Misérables d’aujourd’hui. Notre chemin nous a ensuite porté vers L’Agora du Salon où une rencontre intitulée « Les absents de l’Histoire » se faisait attendre. Profitant de ce vide interstellaire nous avons donc fait monter la voix élect’Orale de Victor Hugo en DEMAIN NE PEUT ATTENDRE ! devant un public réjoui qui n’en n’attendait pas moins pour se réveiller. C’est alors que l’un des hauts responsables du système carcéral culturel nous interpella en compagnie d’une demi douzaine d’agents de la sécurité nous menaçant manu-militari de nous faire évacuer n’ayant en notre possession aucune accréditation presse nous autorisant à prendre la parole en public et nous révélant par la même occasion que Victor Hugo était hors la loi. De quel droit osons-nous nous servir d’un micro et d’une caméra ? Un joli match DROIT vs LOI s’en suivit … qui nous permit de rester dans la course aux alouettes !

Une petite pause cigarette de désenfumage s’imposa. Sur la route de l’air libre pollué nous rencontrons une bande de jeunes de 16 à 20 ans assis au sol et tous en cercle. Nous pensions alors avoir retrouvé la perle rare des océans, celle du Cercle des Poètes Disparus mais en les approchant quelle ne fut pas notre désenchantement en constatant qu’il s’agissait en fait d’une réunion secrète des adeptes décervelés de la secte HARIBO ! Bon, reprenant nos esprits et après une dernière taffe nous retournions taffer en décidant de nous mettre un peu plus en conformité avec l’esprit libre de ce Salon du Livre-emprisonné à savoir, celui de la Sainte-Promotion. Pour cela quoi de plus naturel de nous diriger sur le stand luxueux de sous-FRANCE TELEVISION pour y tourner juste en dessous du panneau consacré aux COUPS DE COEUR un spot promotionnel consacré à DEMAIN NE PEUT ATTENDRE ! L’armée des stagiaires bien élevés en batteries ne tarda pas à sonner l’alarme et la grande patronne de la communication nous demanda de son plus beau sourire Colgate esthétisant et d’un regard liquide chargé de venin à sonnette d’aller tourner ailleurs pour voir si nous y étions sous peine d’avertir l’ensemble du système des caméras de surveillance ! Après un échange pas très cathodique qui échappa à la redevance audiovisuelle nous avons donc obtempéré à ces bons conseils de la haute surveillance en nous dirigeant sur le plus haut lieu de la communication, celui du Ministère de la Culture et du Centre National du Livre pour voir si nous y étions. C’est donc dans ce Royaume feutré des aveugles et des sourds que le public apprit médusé par la Voix du Vecteur Hugo toujours non autorisée qu’il y a un art officiel, fils de la critique officielle ! Après nos passages à succès successifs en sous-France Télévision et sous-France Culture nous nous disions qu’il était temps de mettre un terme à cette perte de temps. Mais comment ? Et c’est la Roumanie qui nous apporta la réponse par la Voix salvatrice de Gherasim Luca relayée par celle de Petre Raileanu : COMMENT S’EN SORTIR SANS SORTIR ? Il nous fallait donc créer une évacuation générale par l’entrée de secours ! Et c’est au moment où Yann Moix crut bon de venir à notre micro croyant faire œuvre de tout son savoir en nous rappelant que Victor Hugo était revenu en France en 1870, mais en ignorant totalement que son vrai retour datait du 26 février 2016 pour y mettre en place publique son programme Vecteur Hugo 2017, que LE POINT D’ORGUE ET D’ORGASME du Salon du Livre arriva ! Une vague énorme nous emporta dans l’hystérie des foules : NABILLA était là ! Prête à signer son œuvre écrite et imprimée « Trop vite » ! Posée là sous l’écran RÊVER LE MONDE / LES ATLAS POETIQUES » ! Allô Quoi ! Il fallait faire quelque chose pour tourner la page et retourner le livre ! Seul un Homme-Océan était en mesure de le faire ! Et c’est alors que Victor Hugo par la voix du Vecteur fit entendre sa réponse : DEMAIN NE PEUT ATTENDRE ! Micros et caméras de sous-FRANCE INFO n’en croyant pas leurs yeux ni leurs oreilles, en déposèrent leurs armes pour les pointer contre eux. L’EVIDENCE DENSE était là, LE 23 AVRIL ET LE 7 MAI il y aura bien un match : VICTOR HUGO non autorisé vs NABILLA autorisée !

Ici jouït Le Livre en son Salon.
« La liberté commence où l’ignorance finit.
Sauvons la liberté. La liberté sauve le reste. »
Victor Hugo candidat en VECTEUR HUGO 2017
Vivement le 22 V’LA LE 23 ! DEMAIN NE PEUT ATTENDRE !
Pour assister au Match du siècle inscrivez-vous ICI

Depuis le 16 avril, vous n’avez plus en France la possibilité de voir ce film : Censuré pour avoir oser dénoncer la censure ! sans autre explication que celle-ci :

lettre utube

Analyse et commentaires de Céline Huot

Ainsi, nous avons appris de grandes choses, en cette journée du 25 mars 2017, au Salon Livre Paris.

Petit inventaire sous cape :

  • Ce salon était une zone diplomatique particulière, une espèce de zone neutre car selon le service de sécurité de ce « territoire » « Les lois du salon sont différentes des lois de l’extérieur. »… Cela m’a rappelé l’argumentation d’une grande entreprise pour laquelle j’ai travaillé et son service RH qui m’indiquait « les lois de l’entreprise n’ont rien à voir avec les lois françaises… » Même monde, même mots et maux.

C’est pourquoi :

  • Hausser la voix pour Déclamer du Victor Hugo devient d’une part un problème de sécurité privée surtout devant « les absents de l’histoire » (titre de l’intervention officielle qui devait advenir à la suite de notre prise de parole sans accréditation…) ET l’apanage des témoins de Jéhovah selon un programmateur littéraire (au parcours multiple I TELE, Arte, CNHI, Harmonie mutuelle, Prix de la Solidarité, tout ça, tout ça..) qui nous a invité à relire un livre inconnu de Paul Ricœur, « Universalité ».

Lorsque j’ai sollicité ce Monsieur pour un dialogue à ce sujet, indiquant que je connaissais quelque peu ce philosophe. Mince, plus personne pour répondre… Mais, c’est qu’il en serait presque venu aux mains (le manque de mots peut provoquer ce type de réaction parait-il). Toutefois, il a préféré faire appel aux vigiles du fait de l’attroupement provoqué (nous étions trois…, décidément, les mots se vident) Pour ma part, je lui recommande la lecture édifiante de  Soi-même comme un autre, 1990, ouvrage dans lequel il pourra effectivement réapprendre le sens des termes qu’il utilise si vaillamment.

Nous avons constaté :

  • Que le cœur de France TV n’est pas à prendre, mais à solliciter pour accréditation
  • Que ne pas répondre à une interro surprise de Yann Moix est plus grave que de se vendre au plus offrant, en passant sans vergogne de l’extrême droite, défendant le négationnisme à … (je vous laisse faire vos recherches, édifiant là encore)
  • que nous étions revenu à une morale d’avant Révolution car « Les Misérables » sont en fait « Les Minables » comme nous le rappelle Julien Lepers. Oui, du XIIIème au XVIIème pour faire court, la pauvreté était un vice. Eh bien dans l’inconscient collectif, nous sommes revenus aux propos d’Un Guillaume Saint-Amour (cela ne s’invente pas…) : « Si la mendicité ne peut être moyen de subsistance, c’est que l’extrême nécessité, toujours à craindre lorsqu’on dépend du bon vouloir des autres, expose très fortement à la tentation du mal… » (XIIIème s)
  • que le Salon du livre ne met plus en valeur les Mots mais les accréditations
  • que selon Flammarion « Rêvons le monde » est une injonction à lire « Trop vite » de notre Nabilla nationale. Ah Nabilla, qui fait bien plaisir aux médias, et à ceux qui la croient quand elle répond à la question : « que pensez-vous de la campagne ?  Euh avec les vaches, tout ça, Non, la campagne présidentielle ? « Ah non j’ai pas du tout suivi ça ». On se sent tout d’un coup nettement plus intelligent, gargarisé de notre supériorité à savoir, nous, de quoi qu’on parle. En êtes-vous certain ?

Dans sa réponse, je vois deux choses qui se superposent du fait de sa double conscience (Paul Gilroy, L’Atlantique noir. Modernité et double conscience). Celle-ci on peut la cerner comme double appartenance :  se mêle le calcul de sa maîtrise du système : répondre donc ce que l’on attend d’elle, mais également un mépris du monde auquel elle appartient de fait. Alors qui a méprisé qui dans cet échange ? Vous la pensez idiote, mais continuez donc…

  • que bien que ventilé ce salon, j’ai préféré y être enfumé dehors que dedans
  • que les enfants d’aujourd’hui ne pourront pas repartir avec cette euphorie que j’avais à aller à ce type de salon où à chaque stand, il y avait une bonne feuille à lire et un coin où s’asseoir pour dévorer des mondes

Finalement tout cela se résume en une chose, Reed Expositions France, filiale française du groupe Reed Exhibitions, leader mondial des organisateurs indépendants de salons professionnels et grand public, et son directeur général, a entériné le fait que que l’édition is business, so tout le reste est promotion et merchandising. Voilà la grande Censure aux yeux bleus que vantait notre ami à la Ris ! cœur ! Et voilà pourquoi le Salon du livre a perdu sa particule « Livre Paris », seul compte l’objet, le produit à vendre. Quand je répète que les mots et leurs sens sont essentiels…

Je n’en ai dit qu’une partie mais tout cela fut très symbolique, d’une tristesse infinie : quand nos mots ne sont plus que signifiants vidés d’eux-mêmes. Rien de bien nouveau donc, enfin pas depuis quelques dizaines d’années…

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